Comment tirer le meilleur parti de vos quotas de productivité (2026)

Comment tirer le meilleur parti de vos quotas de productivité (2026)

En production, il est courant de définir des objectifs de quota afin de faciliter la planification et la budgétisation. Ces quotas sont ensuite utilisés comme indicateurs pour savoir si l’équipe avance au bon rythme ou non. Les quotas peuvent être calculés en termes d’images par jour, de secondes par jour ou de tâches terminées par jour.

Les quotas sont efficaces, mais c’est aussi une arme à double tranchant. Lorsqu’ils sont bien équilibrés, ils aident l’équipe à travailler sereinement et donnent une indication du niveau de qualité requis. Mais lorsque les estimations sont erronées, les équipes ne pourront pas suivre et finiront épuisées en essayant de répondre à des exigences irréalistes. La qualité baissera et votre équipe risque de ne pas livrer à temps...

Pour éviter les mauvaises situations, voyons dans la suite comment utiliser cet outil efficacement sans compromettre vos équipes.

Définir des objectifs de quota

Les bases
Il est important de comprendre ce que signifient les quotas pour pouvoir les utiliser correctement. Comme on l’a dit plus tôt, par définition, il s’agit du nombre d’images, de secondes ou de tâches validées par jour. Il vaut mieux s’en tenir à un seul indicateur, mais vous pouvez suivre les trois.

Reprises ou non
À quel moment considérez-vous que la tâche est terminée du point de vue de l’artiste ?
Dans les séries TV, on considère souvent que la livraison de la prise 1 (T1) détermine les quotas. On n’inclut pas le calcul des quotas de reprises (T2/T3). On suppose que le plan ne sera pas entièrement modifié à cause d’une reprise. La plupart du temps, la T3 est réalisée beaucoup plus vite que la T1.

Cela peut sembler contradictoire, mais il est obligatoire de laisser de la place pour effectuer ces reprises. Ce n’est pas parce qu’il est plus rapide de faire une T2 qu’une T1 que les reprises doivent être totalement supprimées ! La meilleure option est donc d’intégrer le fait que certaines reprises seront effectuées lors de la définition de vos objectifs de quota T1 (par exemple, diminuer de moitié une seconde vos objectifs de quotas quotidiens permettra d’anticiper le temps passé sur les reprises).

Difficulté
Il est important de savoir ce que signifie avoir un quota de X secondes d’animation par jour. Malheureusement, ce n’est pas suffisant pour calculer le nombre d’images d’un plan afin de déterminer l’objectif de quota. Vous devez prendre en compte plusieurs autres paramètres :

  • Le nombre de personnages animés dans le plan.
    Par exemple, si deux personnes discutent dans un plan, vous devrez animer ces deux personnages. L’animateur devra faire un travail double pour ce plan : animer le personnage A, puis animer à nouveau le personnage B.
  • La difficulté du plan lui-même : est-ce une scène émotionnelle ou d’action ? Y a-t-il un mouvement complexe ? etc.
  • Le nombre d’accessoires en mouvement dans la scène et le nombre de FX peuvent impacter sa difficulté.
  • Le niveau des animateurs entre aussi en ligne de compte. On attend plus d’un senior que d’un junior. Attention aussi au fait qu’un senior peut prendre des plans plus difficiles ou plus longs. Dans ce cas, l’objectif de quota doit être adapté.

Contrats
Le contexte défini par le contrat avec le studio d’animation aura également une influence. Par exemple, vous pouvez décider qu’il ne peut pas y avoir plus de deux personnages dans un plan, pas plus de six dans un plan avec cadrage large, etc.

Une fois que tout cela est validé, toutes les étapes précédentes doivent être confirmées en tenant compte de ces limitations (script, storyboard, animatiques...) afin de garantir que les quotas seront réalisables.

Les contrats définissent le nombre d’allers-retours prévus et la nature des reprises (si des corrections simples sont attendues ou si le plan peut être entièrement redessiné). Cela vous donnera une idée du temps consacré aux reprises en moyenne.

Dernières remarques
Les quotas doivent être utilisés comme une ligne directrice pour établir un budget et un planning aussi proches que possible de la réalité. Il est important d’inclure des zones de marge qui permettront d’absorber le retard d’un épisode sans mettre en péril le reste du planning. Gardez aussi à l’esprit que les quotas ne sont pas une règle fixée une fois pour toutes : en production, vous devrez vous adapter à chaque situation.

Pour finir, voici un petit conseil pour les séries TV. Pour s’assurer que les quotas sont respectés, alternez la difficulté des épisodes. Un épisode “lourd” doit être suivi par un épisode “léger” afin de permettre à l’équipe de récupérer (en termes de fatigue et de retard).

Suivre la productivité


Une fois le produit lancé et les équipes mises en place, vous avez besoin d’indicateurs pour savoir si les quotas sont respectés et si tout avance au bon rythme. Vous devez suivre la productivité des équipes.

Comme vous l’avez deviné, pour les mettre en correspondance avec les quotas, on va calculer, plan par plan, le nombre d’images / secondes / prises qu’ils ont réalisées chaque jour.

Si vous le faites manuellement, cela demande de passer beaucoup de temps chaque jour pour obtenir un relevé précis du travail effectué. Vous devrez stocker tout cela dans un tableur pour pouvoir analyser les données.

Le deuxième problème, c’est que cela ajoute énormément de stress aux artistes. Ils peuvent avoir le sentiment d’être constamment observés. Si un artiste décide de retravailler son plan parce qu’il estime que c’est nécessaire, il devra le justifier, et il pourra même hésiter à le faire. Les artistes peuvent alors arrêter de planifier et de réfléchir à ce qui est vraiment le mieux pour les images, afin de commencer l’animation aussi vite que possible pour atteindre les quotas.

Et le dernier point à surveiller : l’artiste peut faire une pause ou recommencer complètement son travail. Il appartiendra au responsable de production d’aplatir les quotas sur tous les jours passés par l’artiste, afin d’avoir une idée de sa vitesse.

Pour ne pas ennuyer un artiste, il existe une autre solution : suivre le temps passé par jour par l’artiste sur sa tâche. Dès qu’il demande une validation, vous pouvez considérer qu’il a terminé. Ensuite, vous pouvez faire un calcul a posteriori en pondérant la quantité d’images livrées avec les relevés de temps provenant des feuilles de temps. Si vous n’utilisez pas de feuille de temps, vous pouvez vous baser sur sa date de début et estimer une moyenne quotidienne d’images livrées entre le début et la fin de la tâche. Deviner les quotas sera moins écrasant pour vous et pour vos artistes. Cela permettra d’obtenir un niveau de précision similaire, avec beaucoup moins d’efforts nécessaires.

L’idéal, pendant la production, est d’afficher les quotas via un système de burndown chart pour l’ensemble de l’équipe. Cela aide vraiment à savoir si l’équipe est toujours dans les clous et rend plus facile la gestion des cas particuliers (plans difficiles, grosses reprises, etc.). Par exemple, vous pouvez diviser votre département d’animation en équipes de 4 à 5 personnes, et suivre ensemble leurs quotas. Cette technique permet de supprimer la pression individuelle et d’améliorer la coopération entre animateurs. Encore mieux, elle crée un sentiment de comptabilité et pourrait être perçue comme un jeu par les artistes. Résultat : une collaboration plus forte au sein de l’équipe !

En résumé


Les quotas sont un outil puissant pour prédire et suivre votre production. Mais c’est une arme à double tranchant. Mal estimés, les quotas peuvent épuiser une équipe et entraîner un retard conséquent. Bien estimés, les quotas serviront de référence tout au long de la production. Ils donnent une idée du nombre d’éléments à produire dans l’image et permettent de connaître la vraie difficulté rencontrée par les équipes.

Tout le monde peut trouver de la motivation en voyant la progression et rester régulier. Les quotas d’équipe peuvent être amusants et pousser chacun à agir de la manière la plus intelligente possible pour finir à temps tout en conservant une excellente qualité de film. Globalement, c’est un très bon outil, mais utilisez-le judicieusement !

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