Comment réaliser un post-mortem de votre production finalisée (2026)

Comment réaliser un post-mortem de votre production finalisée (2026)

C’est bon; la production est terminée ! Vous êtes fier du résultat, et votre qualité de production semble avoir atteint un nouveau niveau. Vous avez pu pousser les limites de votre studio. Mais ce n’était pas sans quelques défis en chemin.

Avec vos équipes, vous avez passé des heures à résoudre des problèmes — à la fois techniques et humains ! Certains de vos artistes ont enchaîné les nuits blanches pour suivre la charge de travail. Vous avez peut-être même dû recruter des artistes supplémentaires pour que l’équipe reste à flot et puisse livrer dans les temps.

Votre équipe de développement a été en astreinte tout au long du projet, en créant des outils spécifiques pour des situations inhabituelles. Tous les points de friction ont été exacerbés par la difficulté et l’ampleur de la production. Votre pipeline a muté au point que vous ne le reconnaissez plus.

Mais le projet est enfin terminé; vous pouvez tous faire une pause et repartir sur de bonnes bases, prêts pour un nouveau projet. Tout le monde est très fier du résultat, mais chacun s’accorde sur un point : plus jamais.

PLUS JAMAIS, MAIS…

Ce serait dommage de ne pas capitaliser sur les progrès que vous avez réalisés. Vous devriez pouvoir améliorer votre flux de travail en optimisant seulement quelques points. Et il n’y a qu’une seule façon de le faire : réaliser un post-mortem et apprendre de vos erreurs !

Un post-mortem n’est pas seulement une liste de ce qui s’est passé ou de ce qui s’est bien passé. Un post-mortem est une analyse de ce qui s’est passé à toutes les étapes de la production, aussi bien le bon que le mauvais. Et surtout, comprendre pourquoi ces choses se sont produites.

Réaliser un post-mortem est un processus lent et difficile parce que vous devez être honnête et objectif sur ce qui s’est passé. Ce n’est pas le moment de régler des comptes avec les autres départements ou les membres de l’équipe. Pointer du doigt n’est pas constructif et n’aidera pas pour les productions futures.

1. Collecter des données

Pour réaliser un post-mortem correct, vous avez besoin d’autant de données que possible. Dans cet article, nous partirons du principe que le budget et le planning étaient corrects. Chaque dépassement a été noté, et il existe une copie du budget et du planning initiaux.

La première chose à faire est de comparer le budget et le planning initiaux avec ceux de la version finale. C’est une démarche étape par étape. Isolez un département après l’autre pour essayer de construire une compréhension globale du projet. Est-ce que nous sommes restés dans les clous, ou avons-nous dépassé ? Si le projet est resté dans les prévisions, il est essentiel de savoir pourquoi. Toutes les étapes ont-elles été correctement suivies ? Une étape a-t-elle été beaucoup plus rapide que prévu, absorbant ainsi d’éventuels retards précédents ?

Il est essentiel de garder une trace de ce qui s’est passé, comme le nombre d’études de personnages ou de reprises pour un asset ou une prise, ou le temps passé à refaire les choses encore et encore.

2. Parler avec les superviseurs

Une fois que vous avez analysé toutes les données, il est temps d’en discuter avec les superviseurs des départements afin d’obtenir leur retour concret sur le terrain.

  • Comment ont-ils vécu cette production ?
  • Ont-ils eu besoin d’outils spécifiques ?
  • Le brief était-il suffisamment complet ?
  • Comment se passait la communication avec le département précédent ?
  • Et avec le département suivant ?
  • Ont-ils dû changer leur façon de travailler ?
  • Ont-ils dû faire de la recherche et du développement imprévus pendant leur période ?
  • Le groupe a-t-il dû faire des heures supplémentaires ?
  • Comment s’est passée la validation ?
  • Et surtout : comment s’est passée la collaboration avec l’équipe ?

Une fois que vous en avez discuté avec le superviseur, vous devriez avoir une meilleure compréhension de ce qui s’est passé. Mais vous avez besoin d’informations plus concrètes pour établir de nouvelles directives. Il est donc maintenant temps d’en parler avec les équipes.

3. Parler avec l’équipe

Si la production a été particulièrement exigeante, il faudrait aller plus loin dans l’analyse de ce qui s’est passé.

Commencez d’abord par discuter avec le superviseur afin d’obtenir sa vision du projet et des équipes. Ensuite, discutez plus en détail avec chaque membre de l’équipe, si possible. Tout le monde n’aura pas la même vision puisque chacun fait un travail différent. Cette étape permet d’identifier les processus à conserver, ceux à abandonner, et ceux qui doivent être adaptés.

Gardez à l’esprit que même si le résultat a été une réussite, les processus qui y ont conduit ne le sont peut-être pas.

Identifiez ce qui a été fait différemment et ce qui a réellement apporté des améliorations au projet. Quelles sont les étapes et les processus qui ont rendu ces améliorations possibles ? Une fois ces processus identifiés, analysez-les pour comprendre comment les reproduire au sein des équipes, si possible. Par exemple, au cours de la production d’une série de dessins animés de 52 épisodes, 11 minutes chacun, nous avons rencontré de nombreux retards et reprises.

À mi-parcours, nous avons réalisé que les scénaristes n’avaient plus d’idées pour la série et, par conséquent, avaient commencé à trop s’éloigner du brief. Ainsi, nous avons dû recruter davantage de scénaristes pendant la saison pour terminer la série.

Il est également important de garder à l’esprit que si le résultat final a été meilleur que les productions précédentes, cela ne signifie pas que tout s’est mieux passé dans tous les départements. Vous pourriez constater qu’un département prend sur lui de corriger les erreurs précédentes et de pousser la qualité du produit final, mais sans pour autant améliorer le flux de travail global.

C’est pourquoi il est important de disséquer chaque étape, l’une après l’autre.

Vous devez analyser la production, le développement, la R&D, le rôle du producteur, et les prestataires.

Une fois tout cela fait, il est temps de comparer avec les écarts par rapport au budget et au planning et d’identifier les dépenses inutiles ainsi que les manques.

La deuxième étape consiste à analyser la séquence du travail.

  • Chaque département a-t-il reçu ce dont il avait besoin pour travailler correctement ?
  • Le brief était-il clair ?
  • Les fichiers étaient-ils correctement renommés ?
  • Avait-il un script pour les aider ? / Un script aurait-il pu les aider ?
  • Ont-ils eu besoin de nouveaux logiciels ?
  • Les assets étaient-ils correctement renommés dans les fichiers de travail ?
  • Les reprises ont-elles été effectuées ?

Un autre exemple : après cette étape, lors d’un post-mortem, j’ai réalisé qu’un de nos artistes, qui était d’habitude très discret et calme, a commencé à prendre de plus en plus de responsabilités.

Il a pris sur lui de rectifier toutes les erreurs de l’étape précédente pour alléger la charge de son superviseur. Une fois que nous avons réalisé ses capacités, nous avons accepté de lui proposer un poste de superviseur sur la prochaine production. Pour lui et pour la production, ce fut une vraie révélation.

4. Analyser toutes les données

Vous avez maintenant toutes les informations nécessaires pour comprendre ce qui n’a pas fonctionné et ce qui a bien fonctionné. Qu’est-ce qui était maladroit, inutile, ou a pris trop de temps.

D’après vos recherches, vous devriez être en mesure de créer, théoriquement, un pipeline parfait. Il est maintenant temps de demander à vos superviseurs de le valider. Chaque superviseur peut ajuster en fonction de ses connaissances concrètes. Présentez-leur les résultats du post-mortem, en montrant que leurs retours et leurs demandes ont bien été pris en compte.

Ensuite, tous les superviseurs doivent être réunis pour discuter du nouveau pipeline et déterminer ce qui pourrait encore être amélioré ou simplifié.

À la clé : une manière différente de prévoir la production en termes de budget et de planning, ainsi qu’une nouvelle façon de communiquer, centrée autour des superviseurs. Des outils seront créés, répliqués ou supprimés du pipeline selon les besoins.

Chaque production est différente. Il est impossible de donner une liste exhaustive de problèmes et de solutions, mais cet article devrait fournir un guide suffisamment solide pour vous aider à progresser. La production est un travail d’équipe, et chacun œuvre avec un objectif commun : obtenir le meilleur résultat possible.

Pour résumer

Prenez l’habitude de réaliser un post-mortem après chaque production, même si tout s’est bien passé. Les post-mortems ne servent pas à accuser des personnes. Ils visent à trouver des marges d’amélioration !

1. Comparez votre budget et planning mis à jour avec les données réelles.

2. Posez à vos superviseurs des questions spécifiques. Privilégiez les entretiens en face-à-face plutôt que les e-mails. De cette façon, tout le monde se sent impliqué, et vous constaterez qu’ils parlent plus franchement, sans filtres.

3. Parlez à l’équipe. Si tout s’est bien passé, essayez une session de groupe. Pour un projet comportant des conflits, restez sur du one-to-one.

4. L’étape finale consiste à analyser les données et à écrire un pipeline théorique, puis à le valider avec votre superviseur.

Maintenant, vous devriez vous sentir en confiance pour commencer à travailler sur une nouvelle production, aussi grande (voire plus) que celle d’avant.

Si vous avez des questions ou des retours à propos de cet article, n’hésitez pas à les publier dans les commentaires !

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